«Le métal a recommencé à se diriger vers les États-Unis», dit-il en entrevue à Les Affaires pour faire le point sur les répercussions des tarifs américains sur les exportations d’aluminium du Canada, un an après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Au Canada, l’industrie de l’aluminium est concentrée au Québec, qui abrite huit des neuf alumineries au pays. Alcoa, Rio Tinto et Alouette les exploitent à différents endroits sur le territoire québécois — le seul établissement à l’extérieur de la province est situé en Colombie-Britannique.
Jean Simard dit observer un changement dans le marché américain depuis le mois de mars. Ce changement tient à plusieurs éléments qui sont plus ou moins survenus en même temps, selon l’AAC:
Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février, incluant la fermeture du détroit d’Ormuz, perturbe les importations américaines d’aluminium (20% des approvisionnements des États-Unis proviennent du golfe Persique);
Les contrats d’approvisionnement d’aluminium à court terme signés par des alumineries canadiennes avec des clients en Europe en 2025 commencent à arriver à échéance;
Les tarifs douaniers américains de 50% imposés aux alumineries canadiennes et la guerre au Moyen-Orient sont en train de réduire l’offre d’aluminium aux États-Unis, qui importent 70% de leur métal blanc du Canada;
La prime du Midwest a augmenté à 2 381$US, de sorte que, combiné au prix mondial de l’aluminium, la tonne de métal blanc se vendait beaucoup plus cher aux États-Unis (5 701$US) qu’en Europe (3 815$US), en date du jeudi 19 mars.
Selon Jean Simard, tous ces éléments viennent «exacerber la dynamique des prix et donc augmenter les prix encore davantage sur le marché américain».
