Une marge qui peut s’évaporer en quelques semaines
Selon la Banque de développement du Canada (BDC), la marge bénéficiaire nette moyenne des PME manufacturières se situe autour de 5 % à 7 %, un seuil déjà considéré comme serré par les analystes financiers. Une entreprise peut négocier un excellent contrat, maîtriser ses coûts de production, et voir une partie de cette marge disparaître simplement parce que le dollar canadien a bougé entre la signature du contrat et son encaissement.
Ce risque est amplifié par la dépendance persistante des exportateurs québécois au marché américain, qui absorbe encore la vaste majorité de leurs ventes à l’international. Avec des tarifs sectoriels sur l’acier, l’aluminium et le cuivre toujours fixés à 50 %, et un ACEUM désormais soumis à des révisions annuelles plutôt qu’à un horizon stable jusqu’en 2042, la volatilité risque de s’installer durablement plutôt que de se résorber.
L’objectif n’est donc plus de prédire les mouvements du huard. Il consiste à bâtir une entreprise capable d’encaisser cette volatilité sans perdre en rentabilité.
Trois outils pour reprendre le contrôle
Le contrat à terme demeure l’instrument le plus utilisé : il fixe aujourd’hui le taux auquel une transaction future sera réglée, au prix de renoncer à un mouvement favorable du marché. C’est le choix de la prévisibilité.
Pour les entreprises aux revenus plus irréguliers, ou qui répondent régulièrement à des appels d’offres, l’option de change offre plus de souplesse : moyennant une prime, elle protège contre une baisse défavorable tout en laissant la porte ouverte à un taux plus avantageux si le marché évolue dans le bon sens.
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