On se souviendra en effet que l’entreprise de Trois-Rivières avait souffert du Buy American mis en place en 2021 qui a signé la fin des exportations de ses tours d’éoliennes vers les États-Unis.
«On en exportait beaucoup, beaucoup [des tours d’éoliennes] donc ça a fait mal, mais il y a de plus en plus de projets au Québec. On a donc été capable d’occuper nos usines avec des produits destinés au Québec», indique le président et chef de la direction de Marmen, Vincent Trudel.
L’entreprise, qui tire la majeure partie des son chiffre d’affaires de l’exportation, a dû se réajuster vers d’autres domaines reliés à l’énergie, dont l’industrie pétrolière, les turbines à gaz et à vapeur, l’hydroélectricité et le nucléaire.
C’est sans compter la défense qui laisse entrevoir de grandes choses chez Marmen, alors qu’elle attend le fruit des négociations entre le gouvernement Carney et TKMS concernant le contrat des sous-marins canadiens.
C’est ce qui dictera le volume de production des sections et des assemblages complexes que Marmen pourra expédier vers l’Allemagne, et ainsi le niveau d’investissements et la création d’emplois qui seront requis.
Pour le moment, les pièces qu’elle expédie prennent principalement la direction des États-Unis. Comme elles sont protégées par l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), l’entreprise n’a pas souffert des mesures tarifaires mises en place par l’administration Trump.
«On expédie ailleurs aussi, mais le marché américain, pour le type de pièces que l’on fait, c’est vraiment un marché naturel pour des questions logistiques, explique Vincent Trudel. On est à côté de la frontière américaine et les projets dans lesquels on est impliqué comportent souvent des contraintes de temps.»
«Si c’est un contrat en Europe et qu’on compétitionne contre une entreprise européenne, c’est sûr qu’on est en retard de quelques semaines en partant. Il y a donc une problématique de livraison, donne-t-il en exemple. Dans certains projets ce n’est pas important et on est capable de les faire, mais il reste que c’est plus naturel pour notre type de production de vendre aux États-Unis.»
«Souvent, on vend aux États-Unis, mais c’est au Moyen-Orient que ça s’en va. Présentement, on fait énormément de projets pour notre client qui est un américain pour qui on fait plusieurs pièces assemblées aux États-Unis, mais le client final est au Moyen-Orient», continue Vincent Trudel.
Pour l’instant, c’est davantage de l’incertitude qui se vit chez Marmen où on sort la tête de l’eau, mais on ne sait pas ce qui peut nous pendre au bout du nez avec les décisions du gouvernement américain et la renégociation de l’ACEUM.
«On a été frappé pour les tours d’éoliennes. Pour les autres pièces que l’on fait, on ne l’a pas été, mais il reste qu’on ne sait pas ce qu’il va arriver avec le président américain demain», plaide le président et chef de la direction.
«On a été chanceux, parce que Marmen, on n’est pas dans l’automobile. On n’est pas dans le bois. Pour le moment, on n’est pas dans les domaines qu’il vise, mais ce n’est pas parce qu’on n’est pas dans les domaines qu’il vise qu’on ne le sera pas demain.»
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