En mars dernier, le Canada a atteint la cible de l’OTAN de 2 % du PIB consacré aux dépenses de défense. Ottawa compte dépenser 5 % du PIB dans ce domaine, qui n’inclut pas seulement les Forces armées, mais aussi la cybersécurité et d’autres infrastructures critiques, d’ici 2035. Cet accroissement budgétaire pour la défense se fait également sentir chez nos alliés européens.
« On est dans une industrie en expansion rapide, mais elle est exigeante en termes de normes, de certifications, de qualité, de productivité et d’innovation », souligne Jean-Philippe Ménard, premier vice-président au réseau régional et à l’innovation d’Investissement Québec (IQ).
Il estime que s’insérer dans le domaine de la défense est un parcours jonché de défis. « C’est comme apprendre un nouveau métier, illustre-t-il. La barrière à l’entrée est importante, mais le contrat peut durer dix ans. »
Trois grands points à régler
Ottawa multiplie les annonces d’investissement en défense depuis un an, et les entreprises québécoises doivent rapidement se positionner pour en tirer profit.
Selon Mario Longpré, leader canadien de l’aérospatiale et de la défense chez PwC Canada, les PME ont trois grands points à régler afin d’être prêtes.
Premièrement, les PME doivent s’informer sur les normes et règles de cette industrie, puis effectuer les changements appropriés. Des institutions comme IQ et la Banque de développement du Canada (BDC), ainsi que des organisations sectorielles peuvent les accompagner dans leurs processus de certification, que ce soit sur le plan de la cybersécurité, ainsi que des normes concernant les processus et la qualité des produits livrés.
Deuxièmement, il faut que les PME comprennent la chaîne d’approvisionnement et soient au courant des appels d’offres à venir. « En se faisant connaître, la PME s’assure que les autres viennent vers elle quand ils formeront leurs équipes, mentionne le dirigeant de PwC Canada. Les contrats de défense, c’est un jeu d’équipe. Il y a le capitaine qui signe le contrat, mais il y a toute une brigade de sous-traitants avec lui. »
Troisièmement, il y a l’accès au capital et le développement des capacités. En effet, il faut souvent être en mesure d’augmenter la production de manière radicale dans un court délai en cas d’obtention de contrat. Dans certaines industries, comme la construction et l’aérospatiale, la pénurie de main-d’œuvre handicape les entreprises.
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