Quand il analyse le paysage actuel de la cybersécurité propulsée par l’intelligence artificielle (IA), Bertrand Milot voit une faiblesse importante pour les entreprises canadiennes. À ses yeux, le modèle SaaS des grands acteurs américains, comme CrowdStrike, crée une forme de dépendance qui comporte plusieurs risques.
D’abord, il fait en sorte que l’ensemble des connaissances accumulées sur la posture de cybersécurité d’une entreprise est hébergé à l’extérieur de celle-ci. Si l’entreprise change de plateforme, une partie de cette mémoire risque d’être perdue. Ensuite, les organisations n’ont pas toujours une visibilité complète sur les données que conservent ces fournisseurs ni sur l’usage qui peut en être fait.
« Mais comme ce sont des outils de cybersécurité, les entreprises se disent que ça doit forcément être sécuritaire », dit Bertrand Milot. Il veut contre-attaquer. C’est pour cette raison qu’il a développé OmniXOAR, lancée plus tôt cette année.
«Avec la plateforme OmniXOAR, on veut permettre aux entreprises de rapatrier physiquement leurs connaissances en cybersécurité au sein de leurs murs. D’une certaine façon, c’est anti-business, mais ça répond à un vrai besoin.» Bertrand Milot, président et cofondateur de Bradley & Rollins
Une première plateforme canadienne
OmniXOAR est une plateforme de cybersécurité en IA agentique de type SOAR (orchestration, automatisation et réponse en matière de sécurité). Elle s’intègre à plus de 244 logiciels de cybersécurité et opère dans tous les environnements informatiques, qu’il s’agisse d’un système Windows, Mac ou même Linux. Selon Bertrand Milot, cet outil est le premier du genre à être 100 % canadien.
« Vous pouvez confier vos playbooks, vos politiques internes, vos procédures et vos données à OmniXOAR, et tous ces renseignements-là resteront chez vous », dit Bertrand Milot.
À ce jour, OmniXOAR a été déployée auprès de deux clients, soit l’UQAM et TransNumerik. Bradley & Rollins, dont le chiffre d’affaires atteint 3 millions de dollars, a également commencé à conclure des ententes de principe avec différents acteurs des milieux universitaire et privé, dont l’Institut multidisciplinaire en cybersécurité et cyberrésilience (IMC2), afin de mettre la plateforme à l’épreuve et de poursuivre son développement.
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